Cesar Bastos : Milady et Dragonlance

Les fans de la première heure de « Dragonlance » ont probablement adoré cette seconde jeunesse que nous amène cette toute nouvelle collection, et je suis certain que ceux qui la découvrent vont tomber sous le charme.
C’est donc tout naturellement que j’ai souhaité reconstruire ce qui autrefois était « Le Site de Krynn » pour le transformer en « Lancedragon.fr« , plus beau, plus pratique, pour correspondre à l’image que « Milady » veut véhiculer dans ses romans. Esthétisme et plaisir…
C’est en grande partie grâce à Cesar Bastos, responsable de la communication web pour « Bragelonne » et « Milady » que j’ai pu faire évoluer ce projet dans le bon sens.
Et nous allons donc commencer par… le début… avec ces quelques questions auxquelles Cesar a accepté de répondre.

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Kai-Ho: Pour débuter, quel est le statut de « Milady » ? Est-ce une filiale de « Bragelonne » ?

Cesar: Milady est un label des éditions « Bragelonne », mais c’est une entité qui dispose de sa propre identité. Son but principal est sensiblement le même que celui de « Bragelonne », à savoir faire connaitre et promouvoir la Fantasy, la Science-fiction, l’Horreur… bref, l’imaginaire au sens large.
Mais le label va plus loin dans la réflexion : il propose non seulement des romans de Fantasy en grand format, mais aussi des livres de poche de tout genre (dont un certain nombre d’inédits) mais aussi des œuvres tirées de licences : des novélisations et des sagas littéraires comme « Les Royaumes Oubliés » et « Dragonlance », of course.
Milady est diffusé par DDL (Dargaud/Dupuis/Le Lombard), ce qui nous permet d’être disponible non seulement en librairie traditionnelle et en magasin spécialisé (de type Fnac), mais aussi en grande surface, toujours dans l’idée de toucher le plus de monde possible.
Sinon, concrètement, l’équipe de Milady est quasi exactement la même que celle de Bragelonne : communication, fabrication, correction, etc. Seule différence : il y a un superviseur pour chaque entité : Isabelle Varange est l’éditrice de Milady, Claire Deslandes celle de Bragelonne.

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Kai-Ho: D’où est venue l’idée de reprendre la série « Dragonlance » chez Milady?

Cesar: « Dungeons & Dragons » est une icône de la Fantasy, un incontournable de la pop culture. Ce monde est sans aucun doute tout aussi populaire que celui de Tolkien. Et comme « Milady » se veut populaire, ben on n’est pas allé chercher bien loin.
Si je ne me trompe pas, c’est Alain Névant (le boss) et Stéphane Marsan (directeur éditorial) qui ont décidé de contacter Hasbro (le groupe possédant Wizards of the Coast, l’éditeur américain de Dragonlance et des RO) pour leur proposer le rachat des deux licences, après que le « Fleuve Noir » ait laissé tomber. Je suppose que cela a prit un certain temps, mais malgré notre petite structure (20 personnes à l’époque), le fait que « Bragelonne » soit le leader francophone du marché prouvait qu’on savait ce qu’on faisait… et ce qu’on ferait des deux sagas. Il me semble que notre volonté de proposer des traductions intégrales, à la différence du Fleuve, à été déterminant.

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Kai-Ho: Cela n’était-il pas risqué de reprendre ce type de collection ?

Cesar: L’identité de Milady ne devait pas encore être tout à fait déterminée quand l’idée de reprendre DL et les RO a germé. Je crois même qu’à l’époque, on imaginait qu’il s’agirait uniquement d’une collection de poches. L’idée de faire des grands formats pour ainsi faire une vraie concurrence à « Bragelonne » n’est venue qu’après. L’hypothèse d’intégrer « Dragonlance » et « Les Royaumes Oubliés » dans ce grand tout n’a fait que conforter cette idée.
Le risque était évidemment bien là mais je dirais qu’il était maitrisé. On misait en grande partie sur le savoir-faire de « Bragelonne », sur l’arrivée d’une nouvelle génération de lecteurs et sur la façon dont seraient vendues ces séries (Nouvelles maquettes, nouvelles trads…). Si les lecteurs (les vétérans comme les newbies) ne nous avaient pas suivi, on aurait peut-être du arrêter les frais… mais fort heureusement, l’année écoulée nous aura donné raison !

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Kai-Ho: Qui décide des titres que vous éditez ?

Cesar: C’est Isabelle, l’éditrice de « Milady » (et grande connaisseuse de ces sagas) qui choisit les titres. Elle choisit les cycles à publier et organise les plannings avant de faire vivre chacun des titres indépendamment : sélection du traducteur, supervision du texte, harmonisation des termes, puis correction, maquette, impression…
C’est une véritable forcenée. Stéphane a déclaré par le passé qu’on avait une sacrée chance de l’avoir, et il a entièrement raison. De plus, comme je le disais, elle connait parfaitement les deux licences. « Dragonlance » est donc entre de bonnes mains.

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Kai-Ho: Quand on voit le nombre de romans outre-atlantique, a-t-on des chances de revoir des trilogies telles que « Les Rencontres » ou « Les Agresseurs » ?

Cesar: Il y a beaucoup, beaucoup de titres, ça ouais. C’en est parfois flippant. Un beau jour, peut-être qu’on accélérera la cadence, mais ce n’est pas pour tout de suite. Idem pour les poches.
Concernant « Les Rencontres » ou « Les Agresseurs », je ne vois rien de tel pour le moment mais c’est normal, le planning de 2009 est bouclé et celui de 2010 encore en cours d’élaboration. Les choses devraient se préciser durant la rentrée et je serai sans doute en mesure de te donner plus d’infos sur les prochaines parutions à ce moment-là.

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Kai-Ho: Les ventes sont-elles conformes à ce que vous espériez et peut-on être rassuré sur l’avenir de « Dragonlance »?

Cesar: Les ventes sont très honorables. Elles sont même excellentes si on se replace dans le contexte éditorial de la licence : en France, « Dragonlance » était publié il n’y a encore pas si longtemps. La plupart des titres publiés par « Milady » l’ont déjà été par le passé dans une édition poche; donc à moindre coût. C’était un véritable pari que de ressusciter la saga en grand format mais on a toujours estimé que les fans de la série étaient des passionnés de lecture. Et généralement, ils aiment les gros bouquins!
On savait qu’il y aurait un certains nombre de réfractaires, que ce soit à cause du prix ou de la place qu’une collection prend sur les étagères, mais l’intention de rééditer le tout en poche était présente dès le départ. D’ailleurs, ceux-ci arrivent dès cet été, soit pile un an après le lancement de « Milady ». La raison principale à l’arrivée précoce des poches, c’est réellement le succès des grands formats. Encore une fois, vu le contexte, on peut tous vraiment être fiers. (Nous, le diffuseur, les lecteurs, etc.)
« Les Chroniques de Dragonlance » se sont donc très bien vendues, pour des grands formats de Fantasy. Les titres des séries suivantes (« Légendes de Dragonlance », « La Guerre des Âmes »…) font un peu moins bien, mais c’est tout à fait normal. Et évidemment, les livres qui s’en sortent le mieux sont les deux inédits des « Chroniques Perdues ».

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Kai-Ho: Merci à Cesar et à Milady pour ce qu’ils font pour nous, lecteurs !